Béziers. L’espoir des Roms : devenir des pauvres comme les autres

Leur expulsion est programmée pour le 14 avril. Près de Béziers, sept familles roumaines, 38 personnes en tout, squattent un ensemble de bâtiments, l’espace « Brault ». En l’absence de perspective de relogement, ils attendent, découragés. Pour ces familles, l’expulsion signifierait la fin de cinq années de stabilité relative. Elle remettrait aussi en cause le travail de l’ABCR (1), qui accompagne la scolarisation des enfants.

L'ABCR accompagne depuis longtemps les familles roumaines de l'espace Brault.

L’ABCR accompagne depuis longtemps les familles roumaines de l’espace Brault.

Pensant que la misère serait moins dure chez nous qu’en Roumanie, ces Roumains sont venus en France. Citoyens européens, ils espéraient dans cette nouvelle Europe. Ici, toutefois, rien n’est évident pour eux. Se loger, trouver du travail sont des objectifs très difficiles à réaliser voire inaccessibles.

Il y a plusieurs groupes de Roumains ou de citoyens de l’ex-Yougoslavie, à Béziers. Leur histoire est faite de tentatives d’implantation et d’expulsions, de Mercorent (route de Bédarieux) et de Cantagal (route de Pézenas) vers un site du côté de Servian puis à Bayssan.

Les familles actuellement installées à la maison Brault (route de Narbonne) ont vécu à Bayssan de 2009 à 2013. Puis, en août 2013, le site de Bayssan a été évacué et elles ont atterri « chez » Brault, un ancien domaine désaffecté. Un squat, forcément illégal. Le tribunal a ordonné l’expulsion sous deux mois en avril 2014 ; elle n’a pas été exécutée, puis est arrivée la trêve hivernale, jusqu’au 31 mars 2015. A la fin de celle-ci, la police a informé les Roumains qu’ils devraient quitter les lieux avant le 14 avril.

Le logement, première nécessité

A partir de l’évacuation, où aller ? Trouver un autre squat, au risque de se faire expulser immédiatement ? Lors de l’occupation de locaux, les autorités peuvent intervenir dans les 48 heures ; au-delà, il faut un jugement d’expulsion.

Ces familles avaient des caravanes, à Bayssan : une partie a été détruite lors de l’expulsion ; les autres, vétustes, se sont avérées impossibles à déplacer.

Par ailleurs, les aires pour les gens du voyage sont réservées aux gens, avec caravane, en situation régulière et se déplaçant régulièrement.

En cas d’expulsion d’un squat, le préfet doit accorder trois jours d’hébergement en hôtel. Et après rien.

« Si nous partons d’ici », dit Robert, un père de famille, « où irons-nous ? Et puis les enfants ne pourront plus aller à l’école, où ils connaissent les maîtresses, où ils se sont fait des copains. »

Chez Brault, bien sûr il n’y a pas l’eau, ni l’électricité, mais au moins de quoi s’abriter. L’eau, ils la prennent où ils la trouvent (ce qui pose des problèmes de potabilité) et la charrient avec des bidons.

Pas d'eau. Pas d'électricité. Pas de toilettes. Pas de ramassage des ordures . Béziers 2008 (Photo Geneviève Laffitte).

Ici comme « chez Brault » : Pas d’eau. Pas d’électricité. Pas de toilettes. Pas de ramassage des ordures. Béziers 2009 (Photo Geneviève Laffitte).

L’un des gros problèmes, chez Brault, ce sont les rats. Ils pullulent et récemment deux enfants en bas âge ont été mordus et ont dû être amenés à l’hôpital. Ce qui attire les rats, ce sont les tas de déchets à l’entrée du site : Quand on occupe illégalement un lieu, les maires refusent souvent, et c’est le cas à Béziers, le ramassage des ordures ménagères, au mépris de la santé publique. L’ABCR (Association biterroise contre le racisme), qui accompagne ces familles, a demandé que le ramassage soit effectué ou qu’un container soit mis à disposition pour les ordures et aussi pour les déchets du travail de ferraillage ; en vain. « Quand il faut nous évacuer, ils arrivent à trouver les camions et la pelleteuse… » Impossible, aussi, pour les Roumains d’apporter eux-mêmes les ordures à la déchetterie : ils sont interdits d’entrée.

Voulons-nous vraiment qu’ils s’intègrent ?

Avec le logement, le travail est un élément clef de l’intégration. Maintenant que la réglementation transitoire les concernant est terminée, les Roumains, comme les autres citoyens européens, peuvent venir en France sans visa pour une durée de trois mois. Au-delà, ils doivent justifier de moyens de subsistance suffisants. Ils peuvent aussi être expulsés si l’on estime qu’ils constituent une menace pour l’ordre public.

« Quand un Allemand ou un Britannique se trouve en France et qu’il a moins que le Smic, on ne le renvoie pas dans son pays », dit Hélène Fargier, de l’ABCR. Les Roumains, eux, doivent justifier de leurs revenus.

Des revenus difficiles à trouver. Dans le groupe de chez Brault, toutes les personnes en âge de travailler se sont inscrites à Pôle Emploi. « J’ai parcouru tous les domaines agricoles ; quand on voit que je suis Roumain on ne veut pas me donner du travail », dit Robert. Et pour suivre une formation il faut lire et écrire le français couramment.

Ces Roumains sont originaires du milieu rural et connaissent le travail de la terre ou de la forêt. « Si j’avais un jardin, cela nous suffirait à manger », dit l’un d’eux. Mais impensable de trouver un lopin de terre. « Les gens ont peur de nous. Il y a eu un article dans Midi Libre qui disait que nous mangions les chats… »

Récupération. Le tri reste à faire. Béziers, 2008 (Photo Geneviève Laffitte).

Récupération. Le tri reste à faire. Béziers, 2008 (Photo Geneviève Laffitte).

Il y aurait par contre un domaine où ils pourraient trouver leur place : la ferraille. Les Roumains connaissent bien ce métier. Ils le pratiquent un peu, dans l’illégalité par force : « Je risque la prison et j’en ai marre de la ferraille, mais je n’ai pas le choix », dit Robert. Les déchetteries leur reprochent d’emporter la ferraille illégalement. Pour la revendre aux récupérateurs après avoir séparé les métaux et les avoir triés, il faut avoir un compte en banque (pour éviter le « noir »). Il y a des Marocains, qui viennent acheter la ferraille et l’écoulent par un circuit en Espagne, mais ils paient mal.

(Photo Dominique Le Flem)

(Photo Dominique Le Flem)

Pour pratiquer la ferraille dans les normes, il faudrait avoir un statut d’auto-entrepreneur. Donc justifier d’un certain chiffre d’affaires, ce qui est difficile : certains ont essayé de démarcher les entreprises pour récupérer leur ferraille ; ils n’ont pas réussi à dégager une activité suffisante. Les communes ou les communautés d’agglomération refusent aux Roumains d’emporter la ferraille pour la trier ; ils travaillent avec les grandes sociétés de récupération. Il suffirait pourtant de trouver un accord avec les collectivités locales pour permettre à quelques familles de vivre : « Nous ne sommes pas nombreux, nous n’avons pas besoin de grand-chose. » Un travail régulier permettrait de régulariser leur séjour.

C’est ce qu’a réussi à faire une famille installée dans le centre-ville. Avec cinq ans de présence en France, les enfants scolarisés depuis trois ans, ils ont accédé aux droits sociaux (Allocations familiales, APL, en attendant l’éventuel RSA) et ne sont plus expulsables. Ils ont obtenu un appartement. « Ils deviennent des pauvres comme les autres », dit Hélène Fargier. Une promotion que les Roumains de chez Brault ont du mal à imaginer.

Bientôt l’expulsion… et le retour dans la jungle ?

Si l’expulsion a lieu, dans quelques jours, la scolarisation des enfants risque d’être remise en cause. C’est le cas pour les Roumains de chez Brault ; c’est aussi le cas pour trois familles dans un squat du centre-ville et cinq familles en hôtel social, qui toutes risquent de se retrouver à la rue pour cause de fin de trêve hivernale. Au total, l’ABCR accompagne la scolarisation de 34 enfants. Cette scolarisation n’est possible que lorsque les familles sont stables, avec un logement.

Nabila et Sara ("Chez Brault").

Ana et Sara (« Chez Brault »).

C’est dans la scolarisation que l’ABCR met (mettait?) tous les espoirs : on en est arrivés à la deuxième génération d’enfants scolarisés ; les jeunes mères, qui sont passées par l’école, ne rechignent pas à scolariser leurs propres enfants, ce qui était moins évident pour la génération précédente. Une jeune femme de 20 ans est actuellement en lycée professionnel et espère devenir caissière dans la distribution. Le bout du tunnel… Daniel, 13 ans, en 5e, est lui aussi déterminé à poursuivre sa scolarité.

Pour s’intégrer, il faut du temps. Mais il y a beaucoup d’embûches.

« S’ils sont à la rue, il sera difficile de leur demander d’envoyer les enfants à l’école », dit Hélène Fargier. Face à l’attente de l’évacuation, « les familles sont brisées, assommées. Nous aussi, un peu. Nous ne voyons pas la solution ; aller leur dire notre solidarité, notre rage, ça va bien un peu… Maintenant, va commencer la déshérence. Selon eux c’est moins pire qu’en Roumanie ; ils risquent d’ailleurs d’y être renvoyés, pour ressources insuffisantes. Ils vont peut-être rejoindre des camps plus importants, à Montpellier par exemple, où rien n’a été fait pour les accompagner, là c’est le retour dans la jungle. Ils vont peut-être trouver un endroit à squatter… Qui sait ? »

Ph.C.

1) ABCR : Association Biterroise Contre le Racisme.

* * * *

ABCR : 25 ans d’aide aux migrants

L’Association biterroise d’aide contre le racisme est née il y a 25 ans, à partir d’une bande de copains, avec l’objectif de venir en aide aux migrants, sur l’idée notamment de « libre circulation et libre installation ». L’un des éléments déclencheurs a été la grève de la faim de 55 travailleurs turcs du bâtiment, dans l’église de La Devèze, qui avait abouti à la régularisation de 10 d’entre eux.

L’ABCR a structuré sa démarche autour de plusieurs actions : alphabétisation, atelier d’écriture, aide juridique, boîte aux lettres, soutien à la scolarisation.

Nadia Chaumont, bénévole au début, a ensuite été salariée à mi-temps puis à plein temps.

L’alphabétisation s’adressait surtout à des femmes, marocaines en majorité, généralement sans papiers, avec les enfants à la maison et ne cherchant pas à travailler, ne correspondant donc pas aux critères d’admission dans les organismes de formation. Leur but était avant tout de devenir autonomes dans la vie quotidienne. Un financement du Fonds d’action sociale (aujourd’hui disparu) permettait d’avoir un peu de matériel. Les cours étaient assurés par des bénévoles et Nadia assurait la coordination pédagogique et la préparation des supports pédagogiques.

L’Atelier d’écriture, assuré par 35 bénévoles et Nadia, a concerné des personnes de 18 nationalités différentes, avec un financement de la Sécurité sociale. Puis pour continuer à être financés, il fallait que les participants aient un projet professionnel, qu’ils donnent leur nom… Fin de l’atelier.

L’aide juridique (accès aux droits, droits sociaux, santé, dossier retraite…) est assurée, bénévolement, par François Muselet, juriste. Il y avait autrefois des permanences à la CPAM et à la Caf pour les gens qui ne parlent pas français ; aujourd’hui, plus aucun guichet n’assure ce service social.

La préparation du repas (Photo Geneviève Laffitte).

La préparation du repas. Béziers, 2009 (Photo Geneviève Laffitte).

Le service de domiciliation postale est utilisé par environ 250 personnes. Il devrait être assuré par l’Association biterroise entraide solidarité (Abes), qui refuse de le faire sauf pour la santé (dossiers de l’aide médicale d’État). Sans adresse, comment inscrire un enfant à l’école, établir des papiers, une carte grise ou une assurance auto, demander un titre de séjour…

La sous-préfecture a récemment estimé que l’ABCR ne pouvait être agréée par rendre ce service, ce qui va poser problème.

Scolarisation : il a fallu traîner le maire en justice

L’aide à la scolarisation a commencé en 2005 : une maman est venue à l’ABCR, expliquant que la mairie ne voulait pas inscrire son enfant à l’école (après enquête, il s’est avéré que 35 enfants étaient concernés). Motif : elle habitait un cabanon au bord de l’Orb, route de Maraussan, sur un terrain acheté mais non constructible et en zone inondable (le vendeur avait peut-être oublié de préciser ces détails) ; donc la mairie estimait que ces familles n’avaient pas d’adresse valable, « n’étaient pas destinées à rester sur la commune » et qu’il n’y avait pas lieu de scolariser les enfants. Il a fallu, avec la Cimade, aller au tribunal, qui a contraint le maire, Raymond Couderc (UMP), à inscrire les enfants (après appel, il a définitivement perdu en Conseil d’État).

L’inscription des enfants à l’école a été facilitée par la situation d’une classe de l’École des Romarins (La Devèze), menacée de fermeture : il y avait donc de la place pour une partie d’entre eux. Les instituteurs et le directeur de l’école ont joué le jeu, y compris pour du soutien scolaire.

Au début les adhérents de l’association ont transporté bénévolement les enfants sur le trajet domicile-école (20 voitures deux fois par jour pendant un mois et demi). Puis un bus a été obtenu avec l’aide du Conseil général, qui a aussi mis en œuvre l’aide à la cantine.

Administrativement, l’inscription à l’école n’est pas toujours simple : il faut présenter un acte de naissance, un justificatif de domicile, faire faire les vaccins obligatoires… Autant de travail d’accompagnement pour l’ABCR.

L’association s’interroge sur l’avenir. Les baisses de subventions en 2014 (État, Région, Agglo ; de la mairie, pas de problème, il n’y en a jamais eu) ont amené l’ABCR à annuler sa Semaine d’éducation contre le racisme. A l’avenir, elle se demande s’il ne faudra pas supprimer le poste de sa salariée.

Les élections départementales risquent aussi d’avoir des conséquences avec l’élection, dans trois cantons de Béziers, des candidats Front National. L’ABCR a jusqu’ici travaillé en relation étroite avec le Conseil général. Qu’en sera-t-il à l’avenir ?

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Jean-Michel du Plaa : « Petit à petit, nous sommes arrivés à construire quelque chose »

Élu municipal d’opposition (PS) à Béziers, ancien conseiller général battu aux récentes élections départementales, Jean-Michel du Plaa explique comment, avec le Conseil général, il a appuyé l’action, de l’ABCR et d’autres associations, auprès des populations immigrées.

« Le Conseil général », dit-il, « applique la loi, plus précisément le Code d’action sociale, en direction des familles qui ont des enfants de moins de trois ans et qui sont dans le besoin. A ce titre, à Béziers, nous avons mis en place trois actions : »

« La plus importante, l’appui à la scolarisation. Les enfants ont été scolarisés à La Devèze parce qu’il y avait dans ce quartier les trois niveaux : maternelle, primaire, collège, que cela facilitait le regroupement pour le transport, et aussi parce que ce quartier bénéficiait du dispositif Rep +, avec donc des classes adaptées et des enseignants formés. »

« Nous avons mis en place un minibus matin et soir, ce qui a contribué à une meilleure assiduité des enfants à l’école. Ce système a fonctionné cinq ans et il y a aujourd’hui des enfants qui ont atteint la 4e et la 3e. On a remarqué un effet de socialisation des enfants, d’évolution des comportements, avec des progrès considérables. »

« Deuxième action, le suivi médico-social par la Protection Maternelle et Infantile, avec un financement de l’Agence de la Solidarité du Conseil général (vaccinations, suivi des mères enceintes…). »

« La troisième action concernait les demandes d’aides de personnes étrangères ayant des enfants de moins de trois ans, privées de ressources, sans titre de séjour (pas uniquement des familles roms). Nous avons simplifié la procédure pour aboutir à verser une aide équivalente aux allocations familiales ; en contrepartie, il y avait un travail régulier avec un travailleur social. On a pensé que ce dispositif risquait de créer un appel d’air, en fait le nombre de familles suivies est resté stable. »

« Nous avions aussi travaillé pendant deux ans avec les services de l’État pour créer un espace de transition pour héberger un certain nombre de familles selon des critères permettant d’envisager d’aller vers l’intégration. Les services de l’État se sont aperçu, au bout de deux ans, que la Loi littoral interdisait d’utiliser ce terrain. On aurait pu s’en rendre compte plus tôt. »

Absent désormais du Conseil départemental, pensez-vous que ces dispositifs peuvent être menacés ?

« Il faut voir cela avec le nouveau Conseil départemental mais il n’y a pas de raison qu’il ne poursuive pas ce qui est en place. »

« Le suivi médico-social, c’est régi par le Code d’action sociale ; pas de problème. »

« L’aide à la scolarisation est ce qui nous a demandé le plus d’implication. Le président du Conseil général l’avait approuvée ; cela a permis de reconnaître le travail des associations ; il y a eu une bonne coopération avec l’Inspection d’Académie et tout ça s’est fait en liaison avec l’État, au niveau de la Direction de la Cohésion sociale et du sous-préfet. Ceci dit, quand le sous-préfet a dit : il faut évacuer, nous avons dit : il faut respecter l’esprit de la circulaire du Premier Ministre. A Béziers, c’est devenu plus compliqué. »

J.-M. du Plaa conclut : « Jusqu’ici à Béziers, où les populations immigrées sont moins nombreuses qu’à Montpellier, nous sommes petit à petit arrivés à construire quelque chose. »

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Tout sauf une invasion

L’arrivée de Roumains en France n’a pas de quoi déstabiliser ni notre économie, ni notre marché du travail ni l’organisation de notre société.

En 2012, 229 600 étrangers sont rentrés en France. Parmi eux, 7 000 Roumains, soit 3 %. Près de la moitié des entrants sont originaires de cinq pays de l’Union européenne : Portugal, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Allemagne.

En France, les étrangers représentent 6,2 % de la population (6,0 % de la population active), soit un taux inférieur à celui du Royaume-Uni (7,7%), de l’Italie (7,4%), de l’Allemagne (9,4%) et de l’Espagne (10,9%).

(source Insee)

(Photo Dominique Le Flem)

(Photo Dominique Le Flem)

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Voir la vidéo, empreinte d’humanité, sur le squat de l’espace Brault, réalisée par Aurore Lalande

Voir aussi son site.

Voir le reportage photo de Geneviève Laffitte (dans Reportages / La politique ici / Roms, le quotidien).

La douceur du feu et la compagnie du chien. Béziers 2009 (Photo Geneviève Laffitte).

La douceur du feu et la compagnie du chien. Béziers 2009 (Photo Geneviève Laffitte).

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